77L’Alliance israélite ouvre une grande école de garçons. 5 Ce transfert du pouvoir s'est opéré lors du règne de Hassine Bey (1824-1835). Certaines grandes familles comme les Chapeliers, Gaspari, Gandolphe, Van Gaver, y étaient depuis le XVI, d’autres depuis le XVIIe. Nous la reformulons sous forme de question rhétorique : l’enseignement en Tunisie avant 1881, exclusivement congréganiste, se serait-il développé avec le même dynamisme si l’enseignement religieux n’avait pas subi, en France, les restrictions qu’il avait connues au début du XIXe siècle ? Elle ne semble avoir accédé au statut de langue commune, langue de l’administration ou de la littérature qu’à partir de 1889. La date de 1830 correspond certes à un événement majeur, celui de l’occupation de l’Algérie par la France. Publications de l’Université de Tunis. 1Les deux bornes choisies de 1830 à 1883 ne sont nullement arbitraires. Chater (1978 : 33-34) pense que les premiers venus en masse, après les démonstrations navales européennes1 en Tunisie qui se sont succédé de 1816 à 1819, étaient les Maltais. Au début, les langues ensei­gnées étaient l’arabe pour tous, les deux tiers des élèves apprenaient soit le français soit l’italien. *FREE* shipping on qualifying offers. II s’agissait ainsi de contrer l’influence grandissante du protestantisme (écoles financées par les Britanniques et les Américains surtout en Orient et dans les pays sous domination turque), en créant un enseignement catholique. 5Il transparaît à la lecture des historiens que, par l’établissement des écoles libres françaises, ni la culture ni la langue françaises n’étaient un but en soi, mais un travail préliminaire à l’installation du Protectorat. Le pourcentage des Français, comparé à celui des autochtones (juifs et musulmans) et des non-Français (Maltais, Italiens et Espagnols), ainsi que les autres nationalités panni les minorités installées en Tunisie à cette époque, était insignifiant. Mémoire de DEA, Tapuscrit T. 2400. Il n’a pas tardé à être uniquement une école primaire. 34Le 5 mars, Ahmed Bey organise la première école militaire, connue sous le nom de « École polytechnique du Bardo ». 12 Documents des Archives de la République Tunisienne, ceux des Pères Blancs de Rome, ceux des Frères de Saint Joseph, ceux des Frères des Écoles Chrétiennes (rue de la Casbah), thèses et travaux d'historiens, ainsi que les travaux de recherche sur les institutions d'enseignement en Tunisie avant le protectorat. 50Emilie de Vialar installe une nouvelle école à Sousse. Effectivement, le legs tunisien sera mis à profit lors de l’établissement du second protectorat français dans le nord de l’Afrique au Maroc en 1912, après avoir connu d’autres développements en Asie du Sud-Est. (Soixante élèves furent groupés en deux classes : l’une porta le nom de section française, l’autre de section italienne). Le cinquantenaire du Protectorat français en Tunisie, 1881-1931 (1931) L'organisation administrative de la Tunisie (1931 ... Suite des documents inédits publiés sous les auspices de la résidence générale de France à Tunis T. I. 4 Après les événements de 1822, 1830, 1848, etc., certains avaient pensé que la libéralisation de l'enseignement permettrait la diffusion du savoir et serait en mesure d'éradiquer la violence en cultivant l'esprit de tolérance et en affermissant les bases du civisme. Le régime, dit de capitulation, a favorisé les puissances occidentales qui ont été aux côtés des Ottomans dans leur guerre de Crimée contre la Russie tsariste. les arts en tunisie sous le protectorat. et ceux des élèves. Free delivery on qualified orders. Tunis, Frédéric Weber. Buy the Paperback Book Organisation sanitaire en tunisie sous le protectorat... by Benoit Gaumer at Indigo.ca, Canada's largest bookstore. En accédant au pouvoir, Mohamed Bey trouva 6 écoles fonctionnelles, 5 écoles de filles fondées par Emilie de Vialar et une école de garçons rue Sidi Morjani à Tunis, fondée par le père Bourgade en 1845, dite Lycée Saint-Louis. Cependant, comme nous le dit Arnoulet (1954 : 140-141) : Il est curieux de constater que tout ce mouvement qui débuta dès 1830 s’est accompli sans l’intervention des Consuls des différentes nations représentées à Tunis et que ce furent plutôt leurs ressortissants qui favorisèrent le développement des écoles. MOADA, Mohammed (1986) : (en arabe) Harakat at-tarjama fi tounis, 1840-1955. 9 Auteur lui-même d'ouvrages sur l'enseignement dans la Régence de Tunis. Napoléon III (1852-1870). JOURNAL OFFICIEL (de Tunisie), de 1883 à 1886. H 3. 1, 106-116. Introduction à l’histoire de l’enseignement du droit en Tunisie Sous le protectorat français et durant les quinze premières années de l’indépendance (1911-1972) Par Kraifi Rabeh. Read L'organisation sanitaire en tunisie sous le protectorat français book reviews & author details and more at Amazon.in. L'organisation sanitaire en Tunisie sous le Protectorat français (1881-1956) : un bilan ambigu et contrasté Benoît Gaumer ; préface de Moncef Marzouki. Abderrazak Bannour, « Aperçu sur l’enseignement du français en Tunisie de 1830 à 1883 », Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde [En ligne], 27 | 2001, mis en ligne le 31 janvier 2014, consulté le 16 décembre 2020. Mediha Moucharrafieh, 1990 : 32-36). 1889 est aussi une date très importante. 40Emilie de Vialar ouvre l’école de la Marsa qui a été créée sur l’instigation de M. Raffo, ministre du Bey, pour accueillir les fils des notables et les fils des étrangers en poste à Tunis. MACHUEL, Pierre Louis (1889) : L’enseignement public dans la Régence de Tunis. La vie Tunisienne Illustrée, (première partie) 11, 207-210. Le deuxième point peut être perçu comme le corollaire du premier. VI : chronique du règne d’Ahmed Bey (texte établi par A. Abdessalem). Everyday low prices and free delivery on eligible orders. Ce sera-là une première hypothèse de travail : le but du développement de l’enseignement du français en Tunisie n’était pas de promouvoir la langue française, encore moins de s’occuper de la colonie française en Afrique7, mais de s’opposer à l’influence grandissante des concurrents européens (l’Angleterre et surtout l’Italie), et ainsi de préparer l’installation du Protectorat. 16Cette mise au point concernant quelques aspects de l’enseignement du français en Tunisie a mis l’accent sur deux points : d’abord, les conditions historiques qui ont favorisé la fondation des établissements d’enseignement, ensuite, le statut qu’avait la langue française dans l’enseignement prodigué. Tunis, Institut des Hautes Études. Elles étaient aussi juives, comme par exemple, la London Jews Society et l’Alliance Israélite. Tome 1 et 4. Nul ne peut prétendre que ces missions avaient pour but uniquement de donner une instruction « à la française » à la colonie installée en Tunisie. Tunis-Tripoli, Maison Arabe du Livre. 23Fin du règne de Charles X (1824-1830). Il semble que lesdits privilèges dont avait joui la France auprès de la Sublime Porte justifient pleinement cet état de fait. La langue française était devenue aussi langue des journaux (co-existence en fait avec l’arabe, l’italien et l’hébreu), de l’administration et de la littérature"11. Sa politique scolaire est marquée par sa personnalité. 85« En 1881, la population européenne en Tunisie est estimée à 18.914 personnes, dont 708 Français, 11.206 Italiens et 7.000 Maltais (source : Résidence Générale de la République Française, Notice générale sur la Tunisie ( 1881-1921)). 17Certains historiens pensent que les efforts qui ont abouti à l’établissement des institutions d’enseignement du français avaient pour but inavoué la création des conditions favorables à l’installation du Protectorat. Faculté des Sciences Humaines et Sociales. Le premier correspond à la création de la Direction de l’Enseignement Public qui a mis en application les dispositions contenues dans la loi Guizot8, sous la direction de Louis Machuel9, arabisant d’Alger et ancien inspecteur des écoles libres françaises en Tunisie. Tunis, Faculté des Sciences Humaines et Sociales. Olfa Ben Achour est Docteure en histoire contemporaine, spécialiste de l’émigration des Juifs de Tunisie. Il organise et ; 4 Jacques Creusi, plus connu sous le nom de J. 18 Mis à part quelques allusions peu crédibles sur les méthodes d'enseignement, du genre de ceux de Pierre Louis Machuel (1889), qui était plutôt porté sur les exagérations emphatiques, affirmant qu'on suivait presque le même programme qu’en France. Tunis, Faculté des Sciences Humaines et Sociales. 102Le 25 novembre 1883, Louis Machuel prend possession de son poste de directeur général de l’enseignement en Tunisie. 44Deuxième République. L’organisation sanitaire en Tunisie sous le Protectorat français (1881–1956): Un bilan ambigu et contrasté (review) January 2009 Bulletin of the History of Medicine 83(2):413-414 GANDOLPHE, Marcel (1922) : « M. Maccio, consul général d’Italie, avant l’occupation », La vie Tunisienne Illustrée, 11, 23-24. Paris, Bray et Rétaux. » Le Pacte Fondamental (‘Ahd al-’amen), signé par Mohamed Bey en 1857 sous la pression de la Sublime Porte, n’a fait que légitimer une réalité sur le terrain17. L’établissement de ces écoles congréganistes permettait de limiter l’influence des écoles laïques. ARNOULET, F. (1991) : « Les problèmes de l’enseignement au début du Protectorat français en Tunisie (1881-1900) », IB LA, 167, 31-62. 82Le lycée Saint-Louis a cédé la place à l’Institut Catholique des Nègres de la Marsa. La Tunisie n’était qu’une partie d’un plan global d’acculturation qui visait sinon l’Afrique du moins le Maghreb. 64Le calme étant revenu, 287 élèves fréquentent l’école de la rue de la Casbah et de l’Église. La Tunisie, à partir de 1883, était devenue un pays ayant un superstrat : le français, avec en parallèle des langues communautaires comme l’italien, l’arabe, l’hébreu ou le maltais. book online at best prices in india on Amazon.in. Tunis. Après le débarquement des Anglo-Américains en Afrique du Nord (novembre 1942), la Tunisie est occupée par les Allemands qui en sont chassés en mai 1943. Québec : Les Presses de l'Université Laval, 2006. Est-ce cette volonté qui nous manque aujourd’hui pour faire de la Tunisie un pays leader dans le monde arabe ? Pourtant les Juifs, mis à part les autochtones, étaient en majorité d’origine italienne ou espagnole. 58Avènement de Mohamed-Sadok Bey (1859-1882). Tel était le paysage scolaire en Tunisie au temps du protectorat français, avec beaucoup de lacunes et d' insuffisances qui poussaient les parents et les enseignants à le combattre par tous les moyens , Messadi a choisi l’action syndicale pour rehausser l’état de l’enseignement et des … Il faut signaler que l’Italie était accaparée à l’époque par des problèmes internes d’unité et d’identité. 46Emilie de Vialar ouvre un établissement pour les jeunes filles à Sfax. Il est certes vrai que les écoles françaises étaient plus prisées parce que les Sœurs et les Frères se consacraient entièrement à l’enseignement, alors que les maîtres italiens avaient d’autres préoccupations politiques et/ou quotidiennes. Témoins de ce changement de statut, le nombre d’Italiens et de Tunisiens écrivant en français, promu langue de la littérature et des communications. Les Français avaient donc trop à faire en vue de réformer l’enseignement, le laïciser, l’extraire de la domination de l’église4 pour penser à étendre ou développer l’enseignement à l’étranger. 7 Nous verrons que le nombre de Français qui auraient profité de cet enseigne­ment était plus qu'insignifiant. ARNOULET, F. (1954) : « La pénétration intellectuelle en Tunisie avant le Protectorat ». C’est sous son règne que la plupart des écoles seront installées. Mme Djellouli est l’auteure de quatre livre sur Tunis, son avenue, son théâtre municipal, sa Médina et l’habit traditionnel masculin. 19 Paul Melon était délégué de l'Alliance Française en Tunisie et Tripoli. Cela est d’autant plus étrange que les ecclésiastiques relevant des différentes institutions cléricales de Tunisie (surtout dans l’archevêché de Tunis) étaient tous des capucins italiens14... et que la colonie la plus nombreuse (après les Italiens) était constituée de Maltais catholiques, exerçant leur rituel dans les églises italiennes, quoique appartenant de par les faits à l’Angleterre15. L'organisation sanitaire en Tunisie sous le Protectorat français (1881-1956) : Un bilan ambigu et contrasté [Gaumer, Benoît] on Amazon.com. Le protectorat tunisien qui sera traité ici demande une attention parti-culière pour le statut des langues des indigènes dans l’enseignement colonial. MELON, Paul (1884) : « Rapport des Écoles Libres en Tunisie », Journal Officiel, n° 10419. Le nombre d’Italiennes dans cette école s’explique à la fois par l’importance de la colonie et par le fait que la langue italienne faisait partie de la base de l’enseignement dispensé dans cet établissement. Sa thèse dont est issu cet ouvrage est la continuité d’un travail de réflexion qu’elle avait déjà mené sur la condition des Juifs tunisiens sous le Protectorat français et jusqu’à l’indépendance tunisienne. Antología de la planeación en México, 32. 51Début du règne de Mohamed Bey (1855-1859). Le nombre d’écoles et donc d’élèves aurait triplé en 6 ans ! 7En se fondant sur ces statistiques, qui dénoncent la réalité de l’enseignement du français en Tunisie avant 1883, on peut affirmer sans risque d’erreur que bien que les programmes aient repris ceux de la métropole, la langue française était enseignée surtout comme langue étrangère, rarement comme langue maternelle. Amazon.in - Buy L'organisation sanitaire en tunisie sous le protectorat français book online at best prices in india on Amazon.in. 42L’abbé Bourgade, qui avait « compris toute l’importance qu’il y avait à répandre la connaissance de la langue française dans la Régence » installa son collège dans une impasse de la rue Sidi-el-Mordjani, dénommée de nos jours Zanguet-el-Babbas (impasse du missionnaire). 90Les Marianistes (aidés par Lavigerie) ouvrent une école de garçons à Sousse. Car la colonie française y était déjà installée depuis longtemps (le premier consulat a été ouvert le 28 mai 1577, sous Henri III). Archives Des Frères Blancs (cartons B4, B5, B5 bis. Lors de son interview, elle a mis l’accent sur le rôle important du professeur dans le développement de l’enfant et de l’adolescent. Établissement du protectorat de la France sur la Tunisie. ], 2 Grecs. L'idéologie de l'école en Tunisie coloniale (1881-1945)/ 241 "Outre les matières de l'école élémentaire, les éléments de la géométrie et ses applications usuelles, spécialement le dessin linéaire et l'arpentage, des notions de sciences physiques et de l'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie de France." 6Ce seraient là les circonstances qui ont aidé à l’installation des institutions d’enseignement du français. En 1869, ses finances en déroute, elle est placée sous la tutelle d'une commission financière internationale. Elle est l’œuvre des Frères des Écoles Chrétiennes. Read Expositions et culture coloniale. ISBN : 9782334063364. 32Au cours de l’été, arrive à Tunis la mère Emilie de Vialar, fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition, accompagnée de cinq sœurs. 5 D’après François Arnoulet, « Les problèmes de l’enseignement au début du Protectorat français en Tunisie (1881-1900) », in IBLA, 1991, t.. 54, n°167, pp. Pourtant, le nombre d’Italiens dans ces écoles françaises n’a cessé d’augmenter. 35À Sousse, elle ouvre une école de filles, gratuite. 1881 a vu une chute très nette dans le nombre d’élèves de confession musulmane fréquentant les écoles françaises, très probablement en réaction à l’occupation du pays par l’année française. 78L’Alliance israélite fonde à Sousse une école de garçons. La seule certitude qu’on puisse avoir est qu’elle a été considérée comme un superstrat. Transformant les structures politiques, économiques et sociales du pays, il est finalement aboli en 1956 au terme de négociations avec les nationalistes du Néo-Destour. 11Mais, remarquable est l’absence des jésuites...car, si tout le monde connaît leur apport dans la propagation de la foi chrétienne par l’enseignement, ce qui est étonnant, c’est qu’ils n’aient rien tenté en Tunisie, alors que les enseignants comme les programmes ont très probablement profité de leurs méthodes pédagogiques, surtout dans les lycées secondaires. 65Sur l’ensemble, les nationalités se répartissaient ainsi : 27 Français, 118 Maltais, 81 Italiens. 3 L'école fondée en 1830 par les Anglais rue Portofarina (avec deux parties une pour les garçons et une pour les filles) était présidée par le Dr. Davis. GANDOLPHE, Marcel (1923) : « L’Enseignement français à Tunis avant l’occupation française ». La vie Tunisienne Illustrée, (deuxième partie) 12, 241-242. 775-776). 981er janvier, les Frères des Écoles Chrétiennes fondent une nouvelle école à Tunis (à Bab Jedid). Car, ce n’est justement pas aux Français que cet enseignement a profité. Tome 5. Charles Louis Napoléon (1848-1852). CTRL + SPACE for auto-complete. ... Quelques éléments de la politique culturelle de l'Espagne au Maroc en zone nord du protectorat.In edited “Contribution a` l'étude du mouvement nationaliste marocain dans l'ancienne zone Nord du Maroc 1930–1956”. 9130 octobre, ouverture de l’école des Sœurs Blanches (alias missionnaires de Notre-Dame d’Afrique) à la Marsa. Tunis, Frédéric Weber. La création de cette première école française se trouve justifiée par ce qui s’est passé en Tunisie, en France et en Europe une dizaine d’années plus tôt. Publications de l’Université de Tunis. La femme tunisienne a été et le sera toujours dans les premiers rangs pour participer activement à l’émancipation des femmes et des futures générations. Le second correspond à la création de la Ligue Française de l’Enseignement dont l’œuvre d’encouragement à la lecture (par la collecte et les dons de livres) a eu énormément d’impact sur le développement de la langue française en Tunisie. Notre propos est de faire le point sur les conditions, les buts et surtout le statut de la langue française dans l’enseignement dispensé en Tunisie par les écoles libres (qu’elles soient françaises ou tunisiennes, autochtones ou relevant de l’Alliance Israélite Universelle) avant l’installation du Protectorat… Le programme comprenait l’étude de la langue française et de la langue italienne, des mathématiques, de l’histoire et de la géographie. 8Le français a donc eu un statut principalement de langue étrangère jusqu’en 1883, puis il a eu tendance, dans certains cas, à devenir une langue seconde à partir de cette date. En 1865, selon Marcel Gandolphe (1922 : 209), il y avait chez les Frères des Écoles Chrétiennes 287 élèves dont 27 Français, contre 118 Maltais, 81 Italiens, 46 Juifs et Musulmans, 9 Schismatiques (sans indiquer la nationalité) et 2 Grecs. Ces établissements n’étaient ni l’œuvre des Tunisiens ni l’œuvre des Français, mais des Italiens, qui formaient le clergé, et des Anglais protestants, au profit des Maltais3. DUNANT, Henry (1858) : Notice sur la Régence de Tunis. 69Épidémie de typhus (ces épidémies réduisent le nombre des élèves). Elle en a tiré beaucoup d’avantages, sur les plans matériel et moral, d’autant plus que la Sublime Porte lui avait accordé le privilège de veiller aux intérêts des colonies chrétiennes catholiques (même non françaises) où qu’elles se trouvent dans les pays sous domination turque. 261830/1831, ouverture de la première école israélite (London Jews Society), grâce à Pompeo Sulema, émigré politique livournais, avec le concours de sa sœur Esther. MOUCHARRAFIEH, Madiha (1984) : (en arabe) Al-muassasat at-taqafya fi-l-ayala at-tounisya fi-n-nisf al-awwel min al-qarn aitasi’ ‘achar (1830-/855), (Les Institutions culturelles dans la Régence de Tunis à la première moitié du XIXe siècle (I830-I855). la volonté de « pénétration intellectuelle » et « l’exportation de l’enseignement religieux », se soient conjugués dans un mouvement harmonieux qui a rendu possible l’établissement d’autant d’écoles françaises en Tunisie. 20Pourtant, les Italiens et avec eux les Maltais étaient les principaux bénéficiaires des écoles françaises. Ph.D diss. Il ne faut donc pas s’étonner de voir que toutes les écoles fondées en Tunisie avant 1883 étaient le fait de congréganistes. 46 Juifs et Musulmans, 9 Schismatiques [ ? 11 Cf. Les lettres pastorales du cardinal Charles Lavigerie confirment bien qu’il s’agissait d’une réalité et non de la projection d’un scénario possible. 6 Cité par Bruno Belhoste, « Les caractères généraux de l’enseignement secondaire scientifique de En 1880, elle comptait 165 élèves dont 86 Ita­liennes, 73 Maltaises, 1 Française et 5 Israélites. Ils ont été suivis de près par les Siciliens2. Ainsi par exemple, en 1840, l’école d’Emilie de Vialar comptait 25 élèves, parmi lesquelles 15 Italiennes et 10 Maltaises. GANDOLPHE, Marcel (1907) : « L’Abbé Bourgade 1806-1866 ». 9D’après les sources auxquelles nous avons pu accéder directement ou indirectement12, l’influence des associations de propagation de la foi apparaissait clairement. 17 Le Pacte Fondamental met les étrangers sous la protection des consuls de France ou d'Angleterre et donne à ces étrangers, entre autres avantages, le droit de posséder des biens immeubles en Tunisie. 19En tout état de cause, que ce mouvement ait été inspiré par les gouvernements ou qu’il ne l’ait pas été, l’enseignement faisait bien l’objet de la lutte d’influence qui s’exerçait dans la Régence entre l’Italie et la France au milieu du XIXe siècle. En réalité, les Anglais — majoritairement protestants — voyant qu'ils avaient été définitivement battus sur ce terrain par les Italiens et les Français et consi­dérant leurs sujets maltais (catholiques), plus proches des Italiens, n'avaient pas voulu investir davantage. 80« En 1880, le cardinal Lavigerie fit élever, autour de la chapelle Saint-Louis à Carthage, de grands bâtiments dans lesquels il installa un collège qu’il appela collège Saint-Louis de Carthage. Les élèves nés sous le protectorat français ont étudié un programme scolaire établi par l’Etat français. Paris, Armand Colin. 6 Fondatrice, à Gaillac, en 1832. de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph. ? 52La première école fondée à Tunis pendant le règne de Mohamed Bey (le 22 septembre 1855), est la deuxième école de garçons de la Régence. Il s’agissait donc de l’exportation de l’enseignement religieux. Ce collège a été rebaptisé par la suite collège Saint-Charles. Il est vrai que le gouvernement français n’a administré directement aucun établissement, avant 1883.11 a quand même subventionné ou protégé quelques écoles françaises (Foncin, 1882 : 417). Tunis, Frédéric Weber. Mais, au vu de ce qui s’est produit, elle devait être bien plus influente, disposant sans doute de plus de moyens ou de liberté d’action. Elle correspond à l’apogée par l’explosion du nombre d’écoles : ce nombre étant passé de 24 en 1883 à 69 en 1889 (voir graphique en lin d’article). Tunis, Société Tunisienne de Diffusion. ». Voir notre bibliographie. 81En 1880, l’école rue Sidi Saber compte 165 élèves, dont 86 Italiennes, 73 Maltaises, 1 Française, 2 musulmanes et 5 Israélites. Elles portent une sérieuse atteinte au nombre d’élèves (une cinquantaine). Elle débute avec 25 élèves : 15 Italiennes et 10 Maltaises. Paris, Librairie Pion. Mais, au sein même de l’église catholique, il était vital de devancer les Italiens (du royaume de Sardaigne), en Tunisie et en Afrique du Nord, en instituant sinon une culture française et une reconnaissance culturelle dans le français, du moins des liens affectifs avec la France. Cela contraste avec la colonie française, qui était moins nombreuse. Le protectorat français en Tunisie est institué par le traité du Bardo en 1881. Elles étaient toutes deux les alliés des Ottomans dans leur guerre contre la Russie des Tsars. DESTOURNELLES, De Constant (1891) : La politique française en Tunisie de 1854 à 1891. Selon Louis Machuel (1889 : 9), en 1883, on comptait en Tunisie « 150 élèves indigènes seulement étudiant la langue française ; en 1885, il y en avait 474, en 1889, nous en trouvons 1765 ». Cela ne relevait donc nullement du hasard si les documents d’archives indiquaient la confession des maîtres (chrétiens, laïques, musulmans, juifs, voire schismatiques, etc.) Marcel Gandolphe (1922 : 209-210. Revue Africaine, vol. Bulletin de l’Association Amicale des Frères des Écoles Chrétiennes de Tunisie, 23, 54-62. Signature du traité du Bardo. C’est le cas de Nabiha Gharsa et de Fatma Djellouli qui ont eu l’immense gentillesse d’ouvrir leurs portes à la journaliste de Directinfo et ainsi divulguer lors de cette interview quelques secrets du passé qui ont fait de cette Tunisie ce qu’elle est aujourd’hui. Buy L'organisation sanitaire en Tunisie sous le Protectorat français (1881-1956) : Un bilan ambigu et contrasté by Benoît Gaumer, Moncef Marzouki (ISBN: 9782763784748) from Amazon's Book Store. n° T 3125. Pourquoi est-il impossible d’accéder à Gmail ? 2Cette date de 1830 correspond en réalité à la création des premiers établissements d’enseignement privé. 99Le 1 février, première édition bilingue du Journal Officiel Tunisien. AUMONT, Gérard (1939) : « L’œuvre des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition en Tunisie », Tunisie, 97, 4-7. Il y avait en tout 4 écoles italiennes dans la Régence de Tunis. Ces facilités exprimées dans les différents édits, par exemple l’édit de Chérif Gulkhana (1839), ont pour but de mettre les sujets européens sous la protection de la France ou de l’Angleterre, de garantir la liberté du culte, de l’enseignement et du commerce. 87En novembre 1881, une école libre « laïque », dite l’« institution Morel », est ouverte dans une maison voisine de la douane. Elle a fait partie des professeurs qui ont enseigné dès les débuts de l’indépendance. Protectorat en Tunisie, on le nomma directeur de l'Enseignement public (1883-1908). Tunis, Faculté des Sciences Humaines et Sociales. 47Deuxième Empire. En 1830, la France vivait elle-même une crise relative à l’enseignement. Tapuscrit. KRAÏEM, Mustapha (1973) : La Tunisie précoloniale. FONCIN, Pierre (1882) : « L’enseignement en Tunisie », Revue Internationale de l’Enseignement, T. IV, juillet-décembre, 401-418. Tunisie : Kais Saied se rend à Aïn Skhouna, Tunisie – Covid-19: le bilan général à Ben Arous, Mahdia, Manouba et Kébili, Un fils de Mehdi Barsaoui prochainement sur Netfllix. Paris, G. Masson. ), relatant les conditions d’installation des institutions d’enseignement dans la Régence, atteste indirectement cette course à la présence culturelle contre l’Italie : En 1880, M. Barthélémy Saint-Hilaire impute sur le budget français la somme de 6000 francs pour l’extension de la langue française. 2 vol.