C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. Emile Zola 1898. “I have but one passion: to enlighten those who have been kept in the dark, in the name of humanity which has suffered so much and is entitled to happiness. Je le répète avec une certitude plus véhémente: la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. And it is voluntarily that I expose myself. (I accuse!) Et cela, aussi bien du côté du neuf que des produits J Accuse Zola occasion. Aussi les bureaux, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’ont-ils couvert Esterhazy que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Mais, pendant qu’il fouillait de son côté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre l’Europe en flammes, qu’on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis clos? Le général Billot a suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. For your honor, I’m sure you don’t know. d'Émile Zola. De quoi nourrir vos convictions personnelles avec la référence J Accuse Zola si la seconde main fait partie intégrante de vos habitudes d'achat. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom de la justice. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. and it is all the more odious and cynical that they lie with impunity without being able to convince them. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice. I repeat with more strident certainty: the truth is on the move and nothing will stop it. Je l’ai démontré d’autre part : l’affaire Dreyfus était l’affaire des bureaux de la guerre, un officier de l’état-major, dénoncé par ses camarades de l’état-major, condamné sous la pression des chefs de l’état-major. La vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. This text was written by Émile Zola, an influential French novelist. Allow me, in my gratitude for the kind welcome you once gave me, to be concerned about your just glory and to tell you that your star, so happy so far, is threatened with the most shameful , the most indelible stain? Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Il est l’affaire Dreyfus tout entière; on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. And Lieutenant-Colonel Picquart was sent on a mission, he was moved farther and farther away, as far as Tunisia, where they even wanted to honor his bravery one day, by charging him with a mission that would surely have him massacred in the vicinity where the Marquis de Morès died. It is a crime to poison the small and the humble, to exasperate the passions of reaction and intolerance, by sheltering behind the odious anti-Semitism, of which the great liberal France of human rights will die, if she is not cured of it. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. It's a lie ! So there you have it, Mr. Speaker, the Esterhazy case: a culprit that was to be found innocent. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse est que l’honnête homme, là- dedans, le lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. Remarquez que le général Billot n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Ah ! Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Et nous avons donc vu le général de Pellieux, puis le commandant Ravary, conduire une enquête scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Mais, grand Dieu! was an open letter published on 13 January 1898 in the newspaper L'Aurore by the influential writer Émile Zola. I accuse the war offices of having carried out in the press, particularly in L’Éclair and L’Écho de Paris, an abominable campaign, to mislead public opinion and cover up their fault. Et le lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l’éloigna de plus en plus loin, jusqu’en Tunisie, où l’on voulut même un jour honorer sa bravoure, en le chargeant d’une mission qui l’aurait sûrement fait massacrer, dans les parages où le marquis de Morès a trouvé la mort. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. What is the point of upsetting everything, since soon the sun was going to shine? Texte et image de l'article J'Accuse, de Emile Zola, paru dans le journal l'Aurore en 1898. Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en pervertissant les esprits. On raconte que, dans la chambre du conseil, les juges allaient naturellement acquitter. But what a patch of mud on your name - I was going to say on your reign - that this abominable Dreyfus affair! It was because help had come to him, he had received an anonymous letter warning him of the actions of his enemies, a mysterious lady had even gone out at night to give him a stolen piece from the General Staff, which was to save him. Le colonel Sandherr était mort, et le lieutenant-colonel Picquart lui avait succédé comme chef du bureau des renseignements. Puis, on a convoqué le conseil de guerre. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. My fiery protest is only the cry of my soul. Et nous arrivons à l’affaire Esterhazy. J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable. That a man could have been convicted on this act is a miracle of iniquity. on verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. Que de gens je connais qui, devant une guerre possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense nationale ! Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue, instruisaient eux-mêmes son procès, de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Puis, ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt militaire. But, at bottom, there is first only the commander of the Paty de Clam, who leads them all, who hypnotizes them, because he also deals with spiritism, occultism, he converses with the spirits. It is the sword, the master that we will perhaps be given tomorrow. Zola's argument appeared on the front page of the Parisian daily L’Aurore in the form of an open letter to the President of the Republic. Zola was found guilty of libel. Et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la patrie ! Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis. Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment ! yes, yes, the army that would rise at the first threat, that would defend French land, it is all the people, and we have only tenderness and respect for it. Emile Zola's "J'accuse" "J'accuse", an argument by novelist Emile Zola that Dreyfus was wrongfully convicted, was published on January 13, 1898. the nothingness of this indictment! Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris. Ils ont laissé faire la sottise. Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. "Leaks" were taking place, papers were disappearing, as it still does today; and the author of the slip was wanted, when a priori gradually became apparent that this author could only be an officer of the general staff, and an artillery officer: double manifest error, which shows with what a superficial spirit we had studied this slip, because a reasoned examination shows that it could only have been a troop officer. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition Universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. I finally accuse the first council of war of having violated the law, by condemning an accused on a room which has remained secret, and I accuse the second council of war of having covered this illegality, by order, by committing in turn the legal crime of knowingly acquitting a culprit. Au début, il n’y a donc, de leur part, que de l’incurie et de l’inintelligence. On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter l’affaire Dreyfus, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un « sale juif » ! I accuse General Billot of having had in his hands certain proofs of Dreyfus' innocence and of having suffocated them, of being guilty of this crime of harming humanity and harming justice, with the aim of to save the compromised staff. Il est l’affaire Dreyfus tout entière ; on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l’ignorez. Voilà donc, monsieur le Président, l’affaire Esterhazy : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Au début, il n’y a donc, de leur part, que de l’incurie et de l’inintelligence. J'accuse est le titre d'un article rédigé par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898 sous forme d'une lettre ouverte au Président de la République Félix Faure. And it's over, France has this stain on its cheek, history will write that it was under your presidency that such a social crime could have been committed. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne Paris par la violence de son attitude. Je ne parle même pas du choix toujours possible des juges. Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint également au général Billot, l’adjurant par patriotisme de prendre en main l’affaire, de ne pas la laisser s’aggraver, au point de devenir un désastre public. Hiérarchiquement, cela est impossible. So there was only the slip, on which the experts had not agreed. And the naivety of writing, the formal assertions in a vacuum! Quotes from J'accuse! O justice, what frightful despair sinks the heart! C’est un procès de famille, on est là entre soi, et il faut s’en souvenir : l’état-major a voulu le procès, l’a jugé, et il vient de le juger une seconde fois. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient dire le contraire. Online shopping from a great selection at Books Store. And it is for this reason, in the exercise of his functions, that the latter one day had in his hands a letter-telegram, addressed to Commander Esterhazy, by an agent of a foreign power. On ne saurait concevoir les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus, les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de Clam, l’un le visage découvert, l’autre masqué. what purpose ? Si j’insiste, c’est que l’œuf est ici, d’où va sortir plus tard le vrai crime, l’épouvantable déni de justice dont la France est malade. Le crime était commis, l’état-major ne pouvait plus avouer son crime. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des Sceaux, une demande en révision du procès. This is a family trial, we are there among ourselves, and it must be remembered: the staff wanted the trial, tried it, and it has just tried it a second time. You appear radiant in the apotheosis of this patriotic celebration that the Russian alliance has been for France, and you are preparing to preside over the solemn triumph of our Universal Exhibition, which will crown our great century of work, truth and freedom. Therefore, the duel will take place between Lieutenant-Colonel Picquart and Lieutenant-Colonel du Paty de Clam, one with his face uncovered, the other masked. Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne s’étaient pas entendus. Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. J’attends.Veuillez agréer, monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des Sceaux, une demande en révision du procès. But it’s not about her, whose dignity we want, in our need for justice. It is a crime to exploit patriotism for works of hate, and it is a crime, finally, to make the saber the modern god, when all human science is at work for the next work of truth and justice.This truth, this justice, which we so passionately wanted, what distress to see them thus puffed up, more unrecognized and more obscured! Puis, c’est le général de Boisdeffre, c’est le général Gonse, c’est le général Billot lui-même, qui sont bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence de Dreyfus, sans que les bureaux de la guerre croulent dans le mépris public. One cannot conceive of the experiences to which he subjected the unfortunate Dreyfus, the traps in which he wanted to make him fall, the mad investigations, the monstrous imaginations, a whole torturing dementia. Rappelons le contexte : le capitaine Dreyfus a été accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne, contre toute raison. Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d’Esterhazy, c’est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le bordereau ne fût de l’écriture d’Esterhazy. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus. Mais, pendant qu’il fouillait de son côté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Voici un an que le général Billot, que les généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose ! Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. He did not dare, undoubtedly in the terror of public opinion, certainly also in the fear of delivering the entire staff, General de Boisdeffre, General Gonse, without counting the suborders. Et il suffit, pour s’en assurer, d’étudier attentivement l’acte d’accusation, lu devant le conseil de guerre. Je voudrais faire toucher du doigt comment l’erreur judiciaire a pu être possible, comment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s’y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu’ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. I demonstrated on the other hand: the Dreyfus affair was the affair of the war offices, an officer of the staff, denounced by his comrades in the staff, condemned under pressure from the chiefs from the staff. Il soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la Guerre. Catégorie : Savoir, culture et société Date de publication sur Atramenta : 10 mars 2011 à 13h29 Dernière modification : 7 décembre 2018 à 8h32 Longueur : Environ 15 pages / 4 915 mots Lecteurs : 47 815 lectures + 7 299 téléchargements Par Emile Zola. My duty is to speak, I don't want to be an accomplice. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau ; et nous apprenons même que les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. Three years have passed, many consciences remain deeply troubled, worry, seek, finally convince themselves of Dreyfus' innocence. J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables. On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau ; et nous apprenons même que les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. ZOLA : Commentaire de J'accuse L'aurore (1898) Introduction J'accuse ! Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. donnez un motif. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus. His work, Dreyfus' guilt, was in jeopardy, and he surely wanted to defend his work. A council of war has just, by order, dared to acquit an Esterhazy, the supreme bellows of all truth, of all justice. When that minute passed, it was already too late. On parlait aussi de vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de leurs témoignages. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, le premier magistrat du pays ? It is a crime to mislead public opinion, to use this opinion which has been perverted to the point of delirium for a death task. Mr. Mathieu Dreyfus denounced Major Esterhazy as the real author of the slip, when Mr. Scheurer-Kestner was going to file, in the hands of the Minister of Justice, a request for review of the trial. Qu’un homme ait pu être condamné sur cet acte, c’est un prodige d’iniquité. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. I accuse the lieutenant-colonel of Paty de Clam of having been the diabolical worker of the judicial error, in unconscious, I want to believe it, and of having then defended his harmful work, for three years, by the machinations the most absurd and the most guilty. accommodate many things. Mais, grand Dieu! I accuse General Mercier of being an accomplice, at least out of weakness of mind, to one of the greatest inequities of the century. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour ! This was later the language that Mr. Scheurer-Kestner also held to General Billot, begging him out of patriotism to take charge of the matter, not to let it get worse, to the point of becoming a public disaster. La révision du procès, mais c’était l’écroulement du roman- feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à l’île du Diable! Il s'est inspiré d'un dossier fourni en 1896 par l'écrivain Bernard Lazare. On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d’instruire l’affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l’ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire qui a été commise. Mais une pièce intéressant la défense nationale, qu’on ne saurait produire sans que la guerre fût déclarée demain, non, non ! Et autres textes dénonçant les travers de la société, "J'accuse" et autres textes citoyens, Émile Zola, Larousse. There is not enough severe punishment, she will applaud the public degradation, she will want the culprit to remain on her rock of infamy, devoured by remorse. Ô justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! And to whom will I denounce the harmful peat of the real culprits, if it is not you, the first magistrate of the country? Et l’instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du XVe siècle, au milieu du mystère, avec une complication d’expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n’était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient presque tous sans valeur. Letter to the President of the Republic I accuse! Je la nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! A Paris, la vérité marchait, irrésistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. Januar 1898 in der Tageszeitung LAurore, verursachte einen großen politischen Skandal und gab der Drey… I would like to point out how the miscarriage of justice could have been possible, how it arose from the machinations of the commander of Paty de Clam, how General Mercier, Generals de Boisdeffre and Gonse were able to get caught up in it, engage little little by little their responsibility for this error, which they believed they had to impose, later on, like the holy truth, a truth which cannot even be discussed. J'ACCUSE Émile ZOLA. Ah ! Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici: quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. There were also reports of twenty-three officers who had come to overwhelm Dreyfus with their testimony. J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Éclair et dans L’Écho de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute. Je dis que ceci est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout l’état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse, sans compter les sous-ordres. But, while he was digging on his side, there were serious facts going on at the general staff. Then we convened the council of war. Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs. le néant de cet acte d’accusation ! Et c’est de cette sérénité confiante dont il est si cruellement puni. And I can't help but find Lieutenant-Colonel Paty de Clam there, recognizing the expedients of his fertile imagination. « J’accuse est un véritable tour de force qui restera gravé dans votre mémoire » Mathieu Lévesque, Écho Vedettes « Avec J’accuse , la jeune auteure propose son texte le plus abouti, le plus inspiré et aussi sans doute le plus personnel ; chaque femme finissant … Il y a bien le ministre de la Guerre, le général Mercier, dont l’intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de l’état-major, le général de Boisdeffre, qui paraît avoir cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de l’état-major, le général Gonse, dont la conscience a pu s’accommoder de beaucoup de choses. give a reason. Commentaire de la conclusion de l'article J'Accuse - de Zola . Son œuvre, la culpabilité de Dreyfus, était en péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. How many people I know who, when faced with a possible war, tremble with anxiety, knowing in which hands national defense is! Le lieutenant-colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. So the offices, by all imaginable means, through press campaigns, communications, influences, did cover Esterhazy only to lose Dreyfus a second time. There is the Minister of War, General Mercier, whose intelligence seems poor; there is the Chief of the General Staff, General de Boisdeffre, who seems to have given in to his clerical passion, and the Deputy Chief of the General Staff, General Gonse, whose conscience may have been lost. Des «fuites» avaient lieu, des papiers disparaissaient, comme il en disparaît aujourd’hui encore; et l’auteur du bordereau était recherché, lorsqu’un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu’un officier de l’état-major, et un officier d’artillerie: double erreur manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu’il ne pouvait s’agir que d’un officier de troupe. Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de guerre déferait ce qu’un conseil de guerre avait fait ? Au fond, c’est toujours l’état-major qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure. Le colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. My fiery protest is simply the cry of my very soul.” — 88 likes Hierarchically, this is impossible. Il soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la Guerre. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir d’équité ? tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’État ! We were told about fourteen counts: we only find one in the end, that of the slip; and we even learn that the experts disagreed, that one of them, Mr. Gober, was shaken up militarily, because he allowed himself not to conclude in the desired direction. Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques, devant le terrible orage qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Mais il ne s’agit pas d’elle, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Since they dared, I will also dare. Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs. It was … Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. I suspect the collapse that must take place in the soul of Mr. Scheurer-Kestner, and I do believe that he will end up feeling remorse, that of not having acted revolutionary, on the day of the arrest in the Senate, dropping the whole package, to throw everything down. General Billot suggested the judges by his statement, and they judged as they should go to the fire, without reasoning. Ah! Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. General Billot, generals de Boisdeffre and Gonse have known that Dreyfus is innocent for a year now, and they have kept this dreadful thing for themselves! He decided not to rest on his laurels, and in 1898 published a scathing accusation, aptly entitled “J’accuse” (I accuse) on the front page of the newspaper L’Aurore. And what a nest of low intrigue, gossip and squandering, has become this sacred asylum, where the fate of the fatherland is decided!