En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées. Si JLA reconnaît que ses sitcoms demeurent trop sages car avant tout destinées aux jeunes, il n’en reste pas moins logiquement leur premier défenseur : « Dans les sitcoms AB, on parle de tous les problèmes, on a justement inventé un système qui permet de faire à la fois des sitcoms comiques et des soaps. Et autant dire que cette dernière sortie ne se fait pas sans accros ni critiques. Jean-luc Delarue invite les mini-star sur le plateau de ça se discute le 14 mai 2008 25 ans après le succes des mondes engloutis. Est-ce que ce sont les contraintes économiques qui empêchent certaines productions de fournir des culottes à leurs comédiennes ? Personne ne semble prendre Christophe au sérieux ce soir-là. Dès 1996, une guerre froide entre les deux mastodontes de la télévision française fait rage, depuis que Claude Berda a lancé son grand projet de bouquet satellite, menaçant directement les intérêts de la Première chaîne. En effet, comme le souligne rapidement Jean-Luc Azoulay, les deux anciens trublions de Canal+, et plus particulièrement le « gauchiste » Bruno Solo, ne manquent jamais une occasion à l’époque de critiquer l’Empire AB : « Depuis longtemps vous assassinez les sitcoms, partout où vous passez, qu’est-ce que vous avez vu comme sitcom ? In October 2000 Delarue saw his show Ça se discute awarded a 7 d'or. Rochelle Redfield, qui a eu le courage de quitter rapidement AB, ne dit pas autre chose quand elle explique que les casteurs la considèrent encore uniquement comme une Johanna en puissance, comme si elle ne pouvait rien jouer d’autre que la « fofolle » étrangère de service. Un comédien de sitcoms, il a une étiquette, et il la conserve parce que tous les jours on rentre chez les gens (sic) avec un même personnage que l’on défend, et ça pendant 200-300 épisodes. On savait la fin proche, la voici arrivée. Oui comme il doit y avoir des blacks qui présentent le journal de 20 heures. Ça se discute et Ça se discute jour après jour étaient des émissions de télévision françaises diffusées sur France 2 du 12 septembre 1994 au 24 juin 2009 et présentées par Jean-Luc Delarue. La mécanique de « Ça se discute » est alors parfaitement huilée. Et on a fabriqué des sitcoms AB qui sont basées sur une notion de plaisir pour le public, de distraction. ca se discute, delarue, france televisions, france2, jean luc delarue, jean-luc delarue-20 commentaires. Gérard finit par s’énerver tout seul en expliquant que depuis que Luc Besson est reconnu aux États-Unis, tout le monde en France légitime enfin son talent (on est alors à l’époque du « Cinquième Élément », avant que Besson ne nous inflige sa série des « Taxi »). La question de Michel est certainement la plus intéressante et la plus pertinente de toutes : « Quand verra-t-on des blacks et des beurs dans les sitcoms, sans pour autant leur attribuer des rôles de gangsters ou d’incultes ? - Guy Carlier : comment il a été approché par Jean-Luc Delarue pour "Ça se discute" Mais il considère d’un autre côté que personne ne lui donne sa chance car il est perçu d’abord comme un vulgaire comédien de « sitcom ». Malheureusement pour les sitcoms franchouillardes d’AB, la comparaison avec la production US est loin d’être flatteuse. ». Le futur Jean-Claude Convenant donnant des leçons d’intégrité télévisuelle. JLA le sait et clame qu’il aimerait que ses productions puissent enfin accéder au même statut que les sitcoms US. S’en suit un dialogue bouillant avec le teigneux Bruno Solo. Seul le personnage secondaire de Karim Adda (fils du célèbre Serge Adda, homme politique et journaliste juif laïque tunisien), pourrait sortir du lot, si ce n’est qu’il incarne un « Vincent ». Sentant clairement que le milieu ne veut pas de lui, il apparaît terriblement marqué par les critiques, notamment celles de Bruno Solo dont le petit numéro comique ne lui arrache pas le moindre sourire. Cette dernière, découverte pour son rôle de Victoire dans Classe Mannequin (et « complètement découverte » dans la série « Cœurs Caraïbes », comme le souligne ce goujat de Delarue), cherche d’ailleurs à se démarquer sur le plateau des autres « invités AB ». Faut pas le dire d’un ton tu vois, faut pas le lâcher comme ça du bout des lèvres. Parce que moi je tiens personnellement à ce que nos produits ne soient pas aseptisés, c’est-à-dire qu’ils aient une vie. France 2 - 14 Novembre 1994 - Pubs, bandes annonces, début "Ca se discute" (Jean-Luc Delarue) Rétro Habillage TV. C’est une comédie où on rit, on fait un spectacle. 10:20. jean luc delarue passage à ça discute. 1- Contrairement aux termes utilisés dans l’émission, nous prenons l’initiative d’utiliser les mots « noir » ou « arabe » en lieu et place de « black » et « beur » qui ne sont a priori pas des insultes. Autre invité de marque, Gérard Vivès est lui aussi une victime consentante de l’étiquette AB, avec plus de 300 épisodes à son actif en tant que « Gérard des Filles d’à Côté » ! Tout ça ajoute une tension et une sensation d’assister à une forme de réquisitoire au sein duquel la bande d’AB est sommée de (se) justifier leur médiocrité supposée ou réelle. Cachou qui se présente comme une comédienne émancipée de son étiquette sitcom. », JLA prend alors l’exemple d’un comédien qui a été sans doute l’un des plus brillants des années sitcoms : « Dans les Filles d’à Côté, le rôle de Thierry Redler c’est au départ un rôle de séducteur latin. TOP 10 des pires looks masculins dans les sitcoms AB. Et le problème c’est que ce n’est pas qu’un physique un comédien. Un peu à l’ouest, Christophe Rippert confirme que lui-même, du haut de ses 28 ans, n’a pas franchement envie de regarder ce genre de sitcoms. Sans parler de complot, on peut se poser la question de la volonté de l’équipe de Delarue d’avoir souhaité mettre sérieusement en difficulté JLA et ses troupes. Le « Ça se discute » de Jean-Luc Delarue sur le sujet des sitcoms dans la télévision française symbolise ainsi a posteriori une sorte de pré-enterrement des « années sitcom ». Trois ans se sont passés depuis la disparition de son aîné, Jean-Luc Delarue, décédé le 24 août 2012 des suites d’un cancer de l’estomac et du péritoine. Mais c’est peut-être parce qu’on est parti sur un malentendu, parce que le recrutement des comédiens de sitcoms, et ça personne ne l’ignore, il se fait à disons, à 95 % pour apporter une nuance, sur le physique. Mais la dure vérité, si difficile à entendre, est que la plupart des « stars AB » n’avaient en réalité peu ou prou de talent, et qu’ils n’avaient jamais réellement travaillé dans de bonnes conditions. Rappelons au passage que c’est bien TF1 qui a empêché tout type de sujet « osé ». et qu’il était lui-même très mauvais comédien. Alonzo Ramos. Alors c’est vrai que quand on vous pose la question, il est surprenant qu’il n’y ait pas de l’actualité heureuse aussi avec des noirs et des arabes qui, dieu merci, vivent intégrés dans ce pays. Christophe Rippert est certainement le plus mal-à-l’aise sur le plateau. Bien dit pour la fin. Toutefois, la belle plaidoirie de JLA, avocat de sa propre cause, ne prend pas sur le plateau. Il ne se prive clairement pas de cette position avantageuse dans l’émission pour dire ce qu’il pense réellement des sitcoms d’Azoulay : « Je comprends pas pourquoi ils ont pas tout d’un coup décidé de faire cohabiter à côté de ça (ndlr : Hélène, Premiers Baisers et compagnie), des séries que je considère pour ma part plus dignes de ce nom. Placé en position favorable, le duo peut en toute tranquillité fracasser l’ennemi de classe, AB. » Hurlements dans la salle, applaudissements, tout le monde attend la réponse du producteur : JLA : – « Mais il y en a ! 3- A notre connaissance, il n’y a aucun « arabe ou noir » dans Caméra Café. » Il ne s’est pas trouvé que dans le casting, il y ait eu des noirs, des juifs et des arabes, peut-être que je ne sais pas. Je me souviens à l’époque. Et c’est aussi un physique, mais qui se transcende. Sans le savoir, c’est donc la dernière fois que Jean-Luc Azoulay et ses sbires s’affichent dans une émission de télévision sous l’égide – l’étiquette – d’AB Productions. Je dis pas que dans tous ces comédiens qui ont fait du sitcom, moi y-compris, on sera un jour tous des grands comédiens, mais peut-être que dans ces comédiens de sitcoms, il y a qui sait des comédiens en herbe qui vont devenir des grands comédiens. Non, bon Hélène a une culotte ! Faut dire qu’il était pas encore sur M6. OUI il doit y en avoir. Qui n'a pas déjà regardé Ça se discute ? On nous dit « travaillez, allez-y, accrochez vous, vous verrez ». Artsonores - L'aventure électroacoustique, Travail Social : le métier d’Educateur Spécialisé, Vivre avec l'Etang, images et témoignages, VIDÉO-QUIZ - les élections présidentielles, VIDÉO-QUIZ - Moments culte Festival de Cannes, VIDÉO-QUIZ: Moments culte - Roland Garros, Valérie Pecresse, auditeur au Conseil d'Etat. C’est la fameuse « étiquette AB » qui a marqué tant de comédiens ayant démarré au sein des sitcoms. Et quand on fait rentrer ces ingrédients, on les fait rentrer de manière romanesque et non pas réaliste. Hélène, une réponse à donner à ça ? « Je ne me lasse pas de présenter cette émission et n’envisage pas sa fin, » assure-t-il. Alonzo Ramos. Est-ce que ce sont les contraintes économiques qui empêchent certaines productions de fournir des culottes à leurs comédiennes ? 2- Yvan Le Bolloc’h nous gratifie au passage tout au long de l’émission de son bonheur d’avoir vu le PS gagner les élections de 1997, consacrant selon lui la « victoire de l’intégrité en politique contre les communicants. Souvenir souvenir !! 2- Yvan Le Bolloc’h nous gratifie au passage tout au long de l’émission de son bonheur d’avoir vu le PS gagner les élections de 1997, consacrant selon lui la «. "Ça se discute" : Jean-Luc Delarue réinvente le débat de société. ca se discute, jean luc delarue, programmes-34 commentaires. Tandis que la groupie de Friends raconte sa « life », Anthony perd pas le nord et flirte ouvertement avec Isabelle Bouysse, la future femme de JLA ! D'ailleurs, Ça Se Discute avec sa quinzaine d'années d'existence souffre aussi d'un phénomène de redondance entre les émissions de Jean-Luc Delarue qui peine à trouver de nouveaux sujets… Et franchement, il est plutôt bon : « Avant de tourner dans ces sitcoms, j’ai regardé un peu la télé, je me suis renseigné. C’est-à-dire qu’il y a des histoires à suivre, il y a des suspens, ça ne se termine pas forcément à la fin de l’épisode, il y a des problèmes de tous les genres. Jacques Chirac, né en 1932 et décédé le 26 septembre 20... Née le 28 octobre 1938, la comédienne nous quittait le ... Robert Badinter, né en 1929, est un avocat et un homme ... Mathilde Seigner est une actrice française de cinéma et... Charles Aznavour, chanteur franco-arménien est né le 22... Danielle Darrieux, née le 1er mai 1917 est une actrice ... Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945, est un écrivain... Marceline Loridan-Ivens est morte mardi 18 septembre 20... Artiste franco-chilien ,é le 17 février 1929 au Chili. En outre, si les micros ne sont pas toujours allumés, on peut entendre les gens parler, crier, rire pendant que les invités parlent. Néanmoins, la « carrière » de Cachou n’a jamais vraiment décollé depuis la fin des 90’s. JLA tente alors d’exprimer le fond de sa pensée, qui détient sa propre logique même si parfaitement contestable d’un point de vue idéologique : Jean-Luc Azoulay : – « Je pense que le comble du racisme, c’est justement d’exacerber les différences, de se dire, comme ils sont différents il faut mettre un noir, un juif, un arabe, pour montrer qu’il y a des gens différents. Donc il fallait trouver une autre solution. Pour preuve, quand Hélène est droguée à son insu par un producteur véreux, les épisodes sont purement et simplement censurés par la chaîne ! C’est vrai que des fois ils ont le droit de changer un petit peu le texte. ». Une école de rapidité, d’intensité. Visiblement, le public est plus branché sitcom trash que Premiers Baisers. Enfin, Gérard Vivès pense que le problème de la mauvaise image des comédiens de sitcoms est avant tout un problème franco-français. Ils déclarent qu’eux-mêmes n’ont plus rien à faire à la télévision, étant de toute façon mal-vus dans le milieu. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, Rochelle explique bien les difficultés de l’après-AB. L’équipe d’Hélène est depuis plus d’un an en exil dans les Caraïbes, tandis que les quelques vedettes venues accompagner JLA sur le plateau sont déjà des has-been : Christophe Rippert, dont le dernier album est un flop retentissant ; Hélène Rollès, en apparence épuisée (et en baskets), surtout out of the AB game depuis son départ du Miracle de l’Amour ; Gérard Vivès, parti faire le mariole au côté de Vincent Lagaf’ ; Rochelle Redfield, qui a abandonné sans réussite la barque AB depuis déjà quelques années ; Eric Galliano, ringard bien avant l’émission. Jean-Luc Delarue en maître de cérémonie donne la parole à un panel d’invités, secondé par son éternel acolyte Florian Gazan, qui recueille les questions des téléspectateurs. Une fan débile de Friends en vient même à expliquer à Hélène Rollès qu’elle considère que les sitcoms AB sont trop cheap et sans âme, tandis que Friends présente une belle et « vraie » bande d’amis qui donne de la joie au public (Hélène aura beau lui expliquer que les comédiens de « sa » sitcom étaient aussi de vrais amis dans la vie, personne ne semble la croire sur le plateau). Il n’y a jamais eu mensonge sur la marchandise, comme Azoulay le résume d’un calme olympien : « C’est une comédie de situation que nous faisons. Bruno Solo : – Vous détournez le problème… L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du PAF. Sa mère, Marie-Louise Samuel, professeur d'anglais, est d'origine hongroise2. Jean-Luc Delarue (tentant faussement de calmer les débats) : – Ce n’est pas un tribunal, si vous mettez la pression sur Jean-Luc, c’est sur qu’il ne va pas vous répondre gentiment. Le dernier volet de l'émission littéraire "Lecture pour... Jean-Luc Delarue nous quittait le 23 aout 2012. Les comédiens qui accompagnent leur producteur sont eux aussi soumis plus ou moins à cette « tension ». Il tient toutefois à justifier non sans humour son travail en mettant en avant sa « performance », à savoir comment il a su penser et façonner son personnage de « folle de service » (incluant le long et délicat apprentissage de pliage de serviettes). Oui, il existe une discrimination, un ostracisme, voire une forme de « racisme anti-AB » ridicule et consternant de la part d’une grande partie de la profession vis-à-vis des jeunes comédiens « de sitcoms », des braves gens qui n’avaient rien fait de mal et qui auraient mérité plus de chance. Certains sont carrément venus sur le plateau vêtus de T-shirt Absolutely Fabulous, l’excellente sitcom anglaise trash et subversive de Jennifer Saunders. Hélène se demande vraiment ce qu’elle est venue foutre ici dans ce traquenard. Les invités sont obligés de se tourner pour répondre aux critiques. Mais que sont-ils devenuent ? Ils n’y a pas beaucoup de personne non plus issu d’une minorité ? 16:10. Ina.fr rend hommage à l’animateur de "Ça se discute" avec cette archive du premier lancement de l’émission qui le rendit célèbre, en 1994. Peter kerdraon. Il reconnaît lui-même au micro de Delarue que jouer la comédie ou être sur un plateau de télévision est très stressant pour lui. », Hors sujet, Gérard poursuit son « coup de gueule » en essayant d’expliquer pourquoi il n’y a pas de noirs ou d’arabes [1] dans les sitcoms AB : « C’est difficile, il me semble, pour un producteur parce qu’on va se dire bon bah alors qu’est-ce qu’on va faire, on va faire cosmopolite, on va mettre un black, on va mettre un beur… bon, s’il y a un black, il y a un black, s’il y a un beur, y a un beur et bon… », Cette tentative ratée d’explication réveille d’un coup Yvan Le Bolloc’h [2], qui s’énerve et se lance à son tour dans un grand discours digne des plus belles heures de SOS Racisme : « Ouais enfin c’est bien d’en avoir un ou deux qui traînent pour qu’on se… bah ouais quand même quoi ! Une bonne partie du public siffle et hue les propos du producteur, et soutient ouvertement la cause (la croisade ?) Jean-Luc Delarue avait alors 30 ans. With Jean-Luc Delarue, Yann Sarfati, Jacques Attali, Patrick Balkany. Pour l’instant ravi d’être là. Sujet épineux qui va mettre en effet le feu sur le plateau. ». Quand Jean-Luc Delarue réussit le tour de force d’inviter Jean-Luc Azoulay et quelques grandes figures d’AB Productions pour sa dernière émission de la saison, la situation n’a plus rien à voir avec le traitement qu’avait pu réserver à la grande époque France 2 comme dans le fameux documentaire d’Envoyé Spécial. Pourtant, on connaît la suite. 3- A notre connaissance, il n’y a aucun « arabe ou noir » dans Caméra Café. C’est un romancier, un certain Christophe Lambert (!) Christophe aurait-il aimé que l’on aborde le sujet délicat de la taille du pénis des mâles de Premiers Baisers ? Christophe semble avoir plutôt mal vécu l’émission. Diffusé juste avant le talk-show de Delarue, c’est la première fois qu’un « prime time » est consacré à une sitcom dans l’histoire de la télévision française. Le test « AB » spécial Emploi : quelle carrière est-faite pour toi ? Le producteur-scénariste dit avoir l’habitude d’être critiqué ; ça ne le « dérange pas« . ». A noter la présence fantomatique du mythique Jean-Marc Thibault, figure tutélaire des « sitcomédiens », qui en a profité pour faire une bonne sieste mérité. Non mais finalement, je me suis retrouvé avec des piles de serviettes, alors je dis OUI au sexe ! ». Jean-Luc Delarue est prêt à tout pour booster son audience, y compris à défier un Corse plutôt barraqué en direct. Lui se pose en défenseur d’un certain « bon goût » télévisuel (il aime les « sitcoms anglaises »), paré d’un ridicule T-shirt Che Guevara (trop) bien mis en évidence. Tout y passe. Dans un long monologue, parfois à la limite de l’incompréhensible, Christophe décrit sa galère de « sitcomédien » et le manque absolu de reconnaissance qui le ronge : « Je crois effectivement qu’on est très corporatiste en France. Une personne dans le public (qui s’avère être l’étudiante en histoire des sitcoms) : – Il était américain !!! Si on trouve un bon comédien qui soit noir, arabe, jaune ce que vous voulez, qui correspond à un personnage, il aura le rôle. Et pour finir d’achever la mise au point sur Bruno Solo, cet homme de « gauche » a vendu les droits de la série « Caméra Café » en Italie au groupe Mediaset, propriété de Silvio Berlusconi… Un lèger décalage avec son t.shirt de l’époque. Et quand on sort de là, on vous dit qu’on a une expérience ou alors qu’on a rien fait et qu’on a pas assez d’expérience (sic). Certes, il y a eu des talents au sein des sitcoms AB. Je pense qu’ils ne jouent pas toujours leur rôle. L’étudiante : – Les deux personnages noirs qu’on a vus beaucoup, il y avait d’abord le nain du Miel et les Abeilles (rires dans la salle), qui jouait un personnage volontairement ridicule. Jean-Luc Delarue avait alors 30 ans. Il est vrai que le moral d’AB est au plus bas à l’été 1997. Ina.fr rend hommage à l’animateur de "Ça se discute" avec cette archive du premier lancement de l’émission qui le rendit célèbre, en 1994. Près de six ans après le décès de Jean-Luc Delarue, l'un de ses collègues publie la semaine prochaine un ouvrage sur les heures sombres de sa vie. Quand est tournée l’émission, à l’été 1997, nous sommes quelques semaines seulement avant la fin du Club Dorothée (30 août), événement qui va se révéler funeste et qui sonne immédiatement le glas de la collaboration entre AB et TF1. C’est-à-dire qu’il y a Cri-cri d’amour qui s’est drogué à un certain moment, mais on l’a fait de manière romanesque. Jean-Luc Azoulay ne se débine pas, même si le constat de Solo possède sa part de vérité indéniable. Il y a des bons comédiens, il y a des êtres humains, il y a des personnages, et suivant le personnage qu’on cherche, le meilleur comédien dans le rôle y va. », A lireLa question des minorités et racisme dans les sitcoms AB. AB est avant tout une production industrielle de sitcoms destinées à un public familial dans le contexte TF1 de l’époque. C’est-à-dire après 19h ou en prime time, voire en deuxième partie de soirée. Très bon article. Seul le personnage secondaire de Karim Adda (fils du célèbre Serge Adda, homme politique et journaliste juif laïque tunisien), pourrait sortir du lot, si ce n’est qu’il incarne un « Vincent ». Vous n'avez pas encore de compte ina.fret vous voulez vous abonner à notre Newsletter, Tous droits de reproduction et de diffusion réservés © 2018 Institut national de l'audiovisuel. Gérard Vivès, entre coups de gueule et auto-dérision, l’homme du « match » de la soirée. Amusant quand on sait que son père est l’un des principaux réalisateurs d’AB : Jean-Pierre Spiero ! La dernière partie de l’émission sonne comme une belle mise à mort des sitcoms AB. L’idée de réaliser un « débat » sur les sitcoms en 1997 est intrinsèquement liée à l’arrivée tant attendue de Friends sur la chaîne du service public, la sitcom qui va révolutionner l’image de ce type de production en France. C’était le cliché du noir américain beau et charmant. Toutefois, pas vraiment ému par la « douleur » de ces comédiens, Bruno Solo préfère pointer les vraies raisons selon lui de ces échecs professionnels : « On dit que c’est une bonne école le sitcom. ». Ça se discute et Ça se discute jour après jour étaient des émissions de télévision françaises diffusées sur France 2 du 12 septembre 1994 au 24 juin 2009 et présentées par Jean-Luc Delarue. Et question direct, l'animateur de Ca Se Discute aurait pu en prendre un. Elle tente ainsi d’expliquer à Christophe Rippert, maladroitement et sans avec beaucoup de pincettes, que contrairement à lui elle a eu « la chance de pas faire de sitcoms trop longtemps » (tandis que lui en est à plus de 300 épisodes de sitcoms !). Ou alors on a une expérience, et c’est pas la bonne. Il profite de l’occasion pour décrire son roman qui se déroule dans l’univers d’une sitcom tout en n’oubliant pas de tailler AB à son tour : « J’attends qu’une sitcom AB me fasse rire, mais je trouve que le contrat n’est pas tout à fait rempli au niveau de la comédie, pour moi c’est plus du roman-photo. Reproduction du générique mythique de Ça se discute, l'émission culte de Jean-Luc Delarue Musique : Guem Logo : Étienne Robial Il ose prendre l’exemple de Luc Besson, « incompris » lors de la sortie du « Grand Bleu », immense succès populaire mais détesté par toute la critique parisienne. qui présente son livre « Sitcom en péril ». C’est ce qui fait que l’univers se créé et qu’il se passe des choses qu’on ne peut pas écrire, c’est-à-dire des regards entre eux, des attitudes, toute une approche qui fait que ça devient magique et que ça plaît aux gens. Enfin, un dernier intervenant prend place. Dix ans que « ça se discute » ! Surtout, le débat est conduit par deux « guests », loin d’avoir été choisis au hasard : Bruno Solo et Ivan Le Bolloc’h, deux « adversaires »revendiqués d’AB Productions. Une attaque qui ne manque pas de faire réagir la team AB, du moins Anthony Dupray. Très mal en fait. Il renvoie la balle à TF1 et lance en quelque sorte un message à ses collaborateurs : « C’est un problème qu’il faut poser aux programmateurs de chaînes. Sur ce point, il est difficile de nier qu’il a raison. La tension monte alors sur le plateau, sur lequel il est très difficile de pouvoir terminer une phrase sans être coupé par les diverses protestations et sarcasmes du duo mené par Bruno Solo. Solo : – Vous disiez vous-même que vous observiez ce qui se passait autour de vous et vous étiez un reflet d’une société, heureuse certes, mais un reflet quand même. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. Ce soir, la 553ème émission « Ça se discute » sera aussi la dernière. JLA (affichant un gros sourire satisfait) : – Non mais c’est rien j’ai l’habitude. Le théâtre de l’étrange est une émission radiophonique ... Émission de mode culte des sixties, diffusée sur la deu... Des thématiques simples : la vie, l'amour, le fric. On le voit, l’essentiel de la rhétorique AB est condensée dans ce discours : – on avait pas les moyens (comparé aux ricains), – on ne théorise pas les sitcoms car on travaille de manière pragmatique, – l’important c’est le public, s’il y a de l’audimat, c’est qu’il y a de la qualité quelque part. Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Un mariage raté avec le loser gardien de foot Stéphane Porato et quelques apparitions dans des séries TF1 bas de gamme, c’est tout ce qu’on retiendra de la carrière post-sitcom de la jolie Cachou. Azoulay le maître à penser d’AB, décontracté et sans cravate. L’arrivée de Friends en France (diffusée par AB Productions, pour rappel !) Amusant. Azoulay renchérit en expliquant que AB cherche avant tout à donner une liberté artistique à ses comédiens : « On attend beaucoup des comédiens. Christophe, à deux doigts d’en coller une à Cachou, qui visiblement ne se sent pas « sitcomeuse », elle. Il n’y a pas d’auto-censure. Ces trois arguments ressassés ad nauseam depuis le début des années sitcoms n’ont certes jamais fait mouche auprès de l’intelligentsia, mais ne semblent désormais pas plus convaincre le « public ». La bonne blague. Solo joue les gauchistes luttant face à l’impérialisme télévisuel d’AB. Quant à Jean-Luc Azoulay, il a beau expliquer en boucle que ses productions sont avant tout destinées aux enfants, qu’en France les sitcoms ne sont pas considérées comme pouvant toucher un public plus adulte, personne ne semble vouloir l’écouter sérieusement. En 1994, il arrive sur France 2 et crée, en parallèle, sa société de production Réservoir Prod et son émission fétiche "Ça se discute" qui sera arrêtée en juin 2009. Dans une sitcom, la chose la plus importante est le casting. Ironie du sort, on remarquera au passage que sa série ne contiendra aucun comédien noir ou arabe dans les premiers rôles. [3]. Au début des années 2000, les deux compères feront un retour remarqué dans le programme à succès « Caméra Café » sur M6. En outre, JLA doit reconnaître du bout des lèvres que AB peut aussi connaître l’échec, en prenant l’exemple de celui d’Un Homme à Domicile sur France 2 (en ne faisant bien évidemment pas de référence à l’autre échec fracassant d’AB, celui de la non-diffusion de la sitcom Talk Show, ou encore les faibles audiences d’Élisa un Roman Photo ou  de l’École des Passions…). ... APRÃ?S LE DERNIER « Ã?a se discute » de la saison, ce soir à 22 h 35 sur France 2, dans lequel Jean-Luc Delarue se demandera si. prouve qu’une écriture plus soignée et des thématiques plus adultes pourraient aussi être l’apanage des sitcoms françaises. On a fait un petit blond trapu et ça a été formidable. Solo ne répond évidemment pas à la question (on se doute qu’il n’a jamais vraiment regardé une sitcom AB). Florian Gazan et Jean-Luc Delarue. L’idole de Premiers Baisers a beau vite s’énerver et lui répondre sèchement, Cachou a pour le coup visé juste ! Alors j’ai vu les garçons qui n’arrêtaient pas d’embrasser les filles. Mais le discours de JLA a aussi ses limites. », D’abord, c’est Gérard Vivès qui s’excite et tente maladroitement de venir en aide à son producteur en déplaçant le sujet sur la question du nanisme : « Pourquoi quand on dit nain, tout le monde rit, c’est ça la tolérance ? ». Il faut donc nous donner du crédit, nous faire des essais, que les agents fassent leur travail et cessent de nous parler de notre image. ». Amusant quand on repense à la leçon de morale cathodique infligée à Azoulay durant l’émission… Comme quoi, il n’y a peut-être pas que AB qui a dû baisser la culotte devant la volonté de son diffuseur ! 1- Contrairement aux termes utilisés dans l’émission, nous prenons l’initiative d’utiliser les mots « noir » ou « arabe » en lieu et place de « black » et « beur » qui ne sont a priori pas des insultes. Mais c’est très bien, c’est dans l’état d’esprit de ces séries là, il faut des physiques. Déjà humilié un an auparavant par la profession lors de la cérémonie des Victoires de la musique, Christophe est clairement dans le creux de la vague : son troisième album est un bide retentissant, et la sitcom les Années Fac dont il est le héros agonise doucement mais sûrement. Delarue lui-même se réserve les émissions haut de gamme, n'écornant pas son image lisse et consensuelle : Ça se discute et sa version longue Jour après jour. Et alors je me suis dit : « bon ça va être bien ». Bruno, on a compris que ton renvoi suite à ton émission de merde « On n’est pas couché » en 1995 sur TF1 t’a rendu un tantinet aigri à l’époque. JLA : – Ah oui, euh il était américain… (se reprend) oui, par hasard ! Que sont-ils devenus ? Les invités sont obligés de se tourner pour répondre aux critiques. C’est tout l’enjeu de l’émission, qui va s’attacher à démontrer que les sitcoms AB sont complètement ringardisées par les aventures de la célèbre bande new-yorkaise. On se doute que ces gens ne sont pas présents dans un état d’esprit neutre. Jean-Luc Delarue nous quittait le 23 aout 2012. Le magazine de Jean-Luc Delarue décryptait deux fois par mois, en deuxième partie de soirée, les êtats de notre société à travers ses tendances, ses comportements et ses évolutions. Ce n’est pas un reportage dramatique. SUDORAMA, Mémoires du Sud de 1940 à nos jours. Actualités; Eco / Conso; Médias; VIDEO. JLA : – On ne va pas mettre un arabe pour mettre un arabe, un noir pour mettre un noir pour être justement dans le bon goût et dans le bon ton. Certes, le propos du comique est un tantinet brouillon, mais s’avère juste quand il s’agit d’affirmer que AB semble avoir pris trop à la légère la problématique de l’absence de représentation de personnages issus de l’immigration au sein des sitcoms. Sur la longévité de « Ça se discute », Jean-Luc Delarue se montre volubile. Lui au moins a la décence de ne pas cracher dans la soupe, même s’il reconnaît que Friends est mieux (à l’époque, on pouvait donc sérieusement comparer AB à Friends !) On l’a pas fait en banlieue… ce qui est intéressant, c’est que le fait qu’il se drogue ça existait, que ça posait des problèmes, ce sont ces rapports émotionnels avec les autres.