», accentue le mépris dans la réplique[38]. » Mais le mot existait déjà, employé une quinzaine d'années auparavant. C'est cet article qui scande le leitmotiv des dreyfusards pour les années à venir : « La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera », un trait qui exprime le sens de la formule de l'auteur des Rougon-Macquart[13]. Son fondateur et directeur, Ernest Vaughan, politiquement très marqué par Proudhon, avait adhéré à l'Internationale dès 1867. Le but est de refuser un nouveau combat juridique, d'autant plus dangereux qu'il se déroulerait aux assises, devant un jury populaire. Sollicité, il décide d'intervenir directement dans le débat au cours de l'automne 1897, après une longue réflexion. En lançant par voie de presse des accusations nominatives contre dix acteurs de l’affaire, dont le ministre de la Guerre et le chef d’état-major de l’armée, le romancier sait qu'il se met sous le coup de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 ; il l'écrit même à la fin de son texte. Elle ne l'intéressait pas, sauf à craindre la montée des périls antisémites qui le navraient[14],[N 4]. ». was an open letter published on 13 January 1898 in the newspaper L'Aurore by the influential writer Émile Zola. On ignore qui il est, quel crime il a commis. », lire A. Pagès. »[21]. Car tactiquement, Zola, aidé de Leblois, Clemenceau et de l'état-major de l'Aurore, joue un coup d'une certaine habileté. Ce titre avait été choisi par Zola dans la même veine que ses publications précédentes comme « Lettre à la jeunesse ». Il s'agit d'une feuille du matin très récemment créée, à la fin du mois d'octobre 1897. Mais le député catholique Albert de Mun, en interpellant le gouvernement tout au long de la journée du 13 janvier, force le ministre de la Guerre, le général Billot, puis le président du Conseil, Jules Méline, à se positionner en faveur de poursuites contre Zola. Tout est dans cet espoir pour Zola : que des hommes indépendants puissent rendre une décision de justice elle-même indépendante des militaires[45]. Du côté politique, l'hostilité est unanime, la forme de « J’accuse… ! Il fit Bug-Jargal. L'objectif est d'atteindre Zola au travers d'une attaque ad hominem, qui prendrait l'auteur des Rougon-Macquart au piège de ses principes d'hérédité, insinuant un « Tel père, tel fils » de principe pour expliquer sa supposée aversion de l'armée[79]. Sur les conditions de l'engagement d'Émile Zola, lire A. Pagès. La famille du capitaine n'a jamais accepté les circonstances de cette condamnation. Les deux majuscules initiales et les trois points de suspension suivis d'un point d'exclamation renforcent l'aspect dramatique de la proclamation. [4] When the document was investigated, Dreyfus was convicted largely on the basis of testimony by professional handwriting experts:[5] the graphologists asserted that "the lack of resemblance between Dreyfus' writing and that of the bordereau was proof of a 'self-forgery,' and prepared a fantastically detailed diagram to demonstrate that this was so. Il a écrit dans ses notes : « Ma lettre ouverte [« J'accuse… ! Une autre personnalité du journal est Alexandre Perrenx, quarante-quatre ans en janvier 1898. L'affaire Dreyfus a duré 12 ans. Il reste à Zola, en conclusion, à asséner ses accusions nominatives contre les hommes qu'il considère comme responsables du crime, par une anaphore de la formule « j'accuse… »[34]. C'est donc en regard de la péroraison finale que la rédaction de L'Aurore choisit le titre qui va barrer la « une » du quotidien le lendemain matin[34]. Mathieu Dreyfus en est informé et Lucie Dreyfus porte plainte contre Esterhazy. Il s'est aussi fait longtemps connaître comme critique d'art, épinglant ou louant les nouveaux mouvements picturaux, comme les anciens. Mais toute la journée du 13 janvier, Albert de Mun, député conservateur, pousse le gouvernement à adopter une position claire. Elle ne cessera véritablement jamais jusqu'à la mort de l'écrivain en 1902[78]. For other uses, see, Learn how and when to remove this template message, allegations that he posed a security risk, Terrance and Phillip in Not Without My Anus, "A Century-Old Court Case That Still Resonates", "Trial of the Century: Revisiting the Dreyfus affair", "Eichmann's handwritten clemency plea released in Israel", On the Riviera, A Morality Tale by Graham Greene, "Emotional power of misogyny speech was lost on Gillard", "For Trump, the 'Cloud' Just Grew That Much Darker", "Boris Johnson missed five coronavirus Cobra meetings, Michael Gove says", "James Mattis Denounces President Trump, Describes Him as a Threat to the Constitution", https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=J%27Accuse…!&oldid=992147943, Works originally published in French newspapers, Articles needing additional references from January 2019, All articles needing additional references, Wikipedia articles with SUDOC identifiers, Wikipedia articles with WorldCat-VIAF identifiers, Creative Commons Attribution-ShareAlike License. » selon la graphie du titre en une du journal. En 1898, Émile Zola est un écrivain au sommet de la gloire. Correspondance, 1830 de . Zola reçoit de nombreux messages de soutien, mais aussi des lettres d'injures et de menaces à coloration antisémite ou xénophobe (le père de Zola était un grand ingénieur de travaux publics italien). Sur les débuts de l'affaire Dreyfus, lire J.-D. Bredin. I predict he would out-Zola Zola with a ‘J’accuse’ of his own. [7] He was also the founder of the Naturalist movement in 19th-century literature. René Rémond voit même, dans cet événement, l'une des origines de l'affrontement droite-gauche, encore en vigueur de nos jours[62]. Seulement une journée après le verdict, les anti-dreyfusards n'ont pas le temps de fêter leur victoire que, déjà, les voilà à nouveau sur la défensive, Zola leur ayant repris l'initiative. L'objet est aussi de répondre à la presse du soir, bon marché, orientée sur le fait divers, « la presse immonde[31] », majoritairement anti-dreyfusarde, dont l'usage est de titrer en très grosse force de caractère. En cela, il s'inspire des ligues humanistes créées notamment en Grande-Bretagne dans la seconde moitié du XIXe siècle[72]. Cette « titraille » massive paraît comprimer le texte, austèrement aligné sur les six colonnes de la première page. Le gros titre est suivi du titre initialement choisi par Zola, en forme de sous-titre, dans un corps de caractère plus petit. Reconnu avant tout comme romancier, Zola a pourtant commencé sa carrière d'homme de lettres dans la presse, dont il a compris le pouvoir croissant. « J’Accuse… ! La gauche républicaine dans son ensemble change d'avis, éclairée par les preuves des manipulations politiques et militaires[61]. [8], Zola was brought to trial for libel for publishing his letter to the President, and was convicted two weeks later. J'accuse les bureaux de la guerre d'avoir mené dans la presse, particulièrement dans L'Éclair et dans L'Écho de Paris, une campagne abominable, pour égarer l'opinion et couvrir leur faute. Il n'est pas, en effet, dans les usages de donner le nom de l'auteur d'un article en titre. » dit un des marronniers de la place Victor Hugo. Le premier, intitulé « M. Scheurer-Kestner »[N 5], paraît le 25 novembre 1897 et se veut un plaidoyer en faveur de l'homme politique courageux qui se dresse contre l'injustice de la condamnation du capitaine Dreyfus. Il prend la plume et publie un article retentissant, J'accuse… J'accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d'avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu'un examen médical ne les déclare atteints d'une maladie de la vue et du jugement. ». Il n'a plus rien à prouver ni à gagner dans ce nouvel engagement[2]. La panique est totale, notamment chez plusieurs acteurs de « l'Affaire » comme Esterhazy, qui cherche à s'enfuir. Le journal dispose de sa propre composition, mais pas de son imprimerie. Seule une minorité salue l'action de l'écrivain. [8], Zola argues Dreyfus's innocence can be readily inferred from the circumstances when he states: "These, Sir, are the facts that explain how this miscarriage of justice came about; The evidence of Dreyfus's character, his affluence, the lack of motive and his continued affirmation of innocence combine to show that he is the victim of the lurid imagination of Major du Paty de Clam, the religious circles surrounding him, and the 'dirty Jew' obsession that is the scourge of our time."[8]. Le premier procès se déroule du 8 au 23 février 1898, au travers de quinze audiences. I wonder what Victor Hugo would say if he were on earth to-day. Zola wrote an open letter to the President of France, Félix Faure, accusing the French government of falsely convicting Alfred Dreyfus and of anti-Semitism. Trarieux restera président de la Ligue jusqu'à sa mort, survenue le 13 mars 1904, soit deux années avant la réhabilitation d'Alfred Dreyfus[74]. Et cela nous a donné l'idée … JE L'ACCUSE aussi de … (French pronunciation: ​[ʒakyz]; "I Accuse...!") Les conséquences de l'engagement de Zola ont été majoritairement difficiles pour l'écrivain. est le titre d’une lettre ouverte écrite en 1898 par Emile Zola, écrivain naturaliste engagé dans la lutte pour réhabiliter l’officier … En fin d'après-midi, Zola se présente au journal et donne lecture de son article à l'ensemble de la rédaction. de Hugo Objet d’étude : écrire et publier contre l’injustice. Collaborateur de plusieurs journaux, il était devenu le gérant de l'Intransigeant en 1881, qu'il dut quitter à cause d'un différend avec son beau-frère, Henri Rochefort en 1888. Il savait une intervention de Zola imminente mais, admiratif, « ne l'attendait pas aussi énergique, aussi forte »[51]. Et ici, plus que jamais, Zola donne la pleine puissance de sa rhétorique et de son savoir-faire d'écrivain. La composition typographique en a été particulièrement soignée. Clemenceau emploie le même procédé dans son article de, Lire à cet égard la plaidoirie de Georges Clemenceau à l'occasion du. L'Aurore restera le chef de file des journaux dreyfusards parisiens en offrant un espace d'expression à toutes les principales figures du mouvement. Le tournant vient de la publication du fac-similé du bordereau par le journal Le Matin en novembre 1896. Ce qu'on ignore, c'est qu'elles furent d'abord imprimées en une brochure, comme les deux lettres précédentes. La publication du pamphlet de Zola constitue l'heure de gloire du quotidien, par ailleurs d'une audience fort modeste. Mais l'éditorialiste s'incline devant les qualités indéniables du texte en s'exclamant : « C'est immense, cette chose-là ! » sont retenus contre l'écrivain : « Première colonne, première page : « Un Conseil de guerre vient, par ordre, d'oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Deux années passent[6]. Sa famille organise sa défense et le véritable traître est identifié en novembre 1897 : c'est le commandant Walsin Esterhazy, fait reconnu par le lieutenant-colonel Georges Picquart, chef du service des renseignements militaires. Au point que lorsque des anti-dreyfusards publient en réaction un périodique antisémite, le titre choisi est « psst…! L'impression du journal est confiée à l'imprimerie Paul Dupont, qui traite aussi la production du Radical, du Jour et de la Patrie[26]. Le même jour, les élections du président du Sénat et de ses vice-présidents voient la défaite d'Auguste Scheurer-Kestner, premier homme politique dreyfusard, désavoué par ses pairs au surlendemain du verdict d'acquittement du procès Esterhazy. Logé au 142, rue Montmartre[25], au troisième étage d'un immeuble en arrière-cour, les locaux sont modestes. Parallèlement, Georges Picquart, nouveau chef des services secrets français, s'aperçoit, à l'été 1896, que le véritable auteur du bordereau n'est pas Alfred Dreyfus mais Ferdinand Walsin Esterhazy, commandant d'infanterie, criblé de dettes. L'historiographie[41],[42] a souligné la rupture incarnée par « J’Accuse… ! Ce scandale XXL, sans doute le plus grand de la fin du XIXe siècle et l'un des pires scandales de la République tout court, a mêlé erreur judiciaire, antisémitisme et déni de justice. » et de sa publication. »[77]. J'ÉTAIS JEUNE, J'ACCUSE ET JE DEMANDE JUSTICE ! L'émotion et la surprise autour des accusations proférées par Zola sont si fortes, qu'elles entraînent, à moyen terme, un sursaut de l'opinion[50]. Cet article, et les deux suivants, titrés « Le Syndicat »[N 6] le 1er décembre et « Procès-verbal »[N 7] le 5 décembre, restent sans effet notoire[N 8]. Mais les spécialistes ne sont pas de cet avis[15] , [16]. Une histoire précise de la genèse de « J'Accuse... ! Mais le procès de Rennes est éprouvant pour les dreyfusards, proches du désespoir, et Zola continuera à lutter jusqu'à sa mort pour demander la réhabilitation d'Alfred Dreyfus[84]. C215 Autour du Panthéon. [1][2], Alfred Dreyfus was born in 1859 in the city of Mulhouse, which was then located in the province of Alsace in northeast France. A. Pagès, « J’accuse… ! Et cela, aussi bien du côté du neuf que des produits Emile Zola Victor occasion. Le registre dramatique est … C'est dans ce contexte difficile pour les défenseurs d'Alfred Dreyfus que paraît « J’accuse… ! "[6] There were also assertions from military officers who provided confidential evidence. Tout a été calculé par moi, je m'étais fait donner le texte de la loi, je savais ce que je risquais[80]. Coïncidence, au moment même où les premiers exemplaires de « J’accuse… ! [4] She found a suspicious bordereau (detailed listing of documents) at the German Embassy in 1894, and delivered it to Commandant Hubert-Joseph Henry, who worked for French military counterintelligence in the General Staff. And he was the one whom Major Forzinetti caught carrying a shuttered lantern that he planned to throw open on the accused man while he slept, hoping that, jolted awake by the sudden flash of light, Dreyfus would blurt out his guilt. Le jour de la parution, la décision est prise, par le gouvernement, de ne pas réagir aux attaques. J'accuse...! Nombreux ont été ceux qui, devant une erreur, une injustice, une cause injuste à dénoncer, ont écrit après Zola leur « J’accuse… ! Car en cette fin de siècle, sans médias audiovisuels, l'information est dans la rue, et c'est dehors, sur le pavé, que l'on vient la chercher, tout au moins dans les grandes villes[32]. C'est une première dans cette presse d'opinion d'habitude très modérée dans la forme, dont les grands éditoriaux dépassent rarement deux colonnes en première page. ». J'accuse (1898). Ces pétitions rassemblent aussi d'éminents scientifiques tel Émile Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur[57]. The majority of Zola’s novels were set during the period of the Second Empire. The letter was printed on the front page of the newspaper and caused a stir in France and abroad. J'ACCUSE Émile ZOLA. Alors qu'il est l'objet de diverses machinations orchestrées par son ancien subordonné, le commandant Henry, Picquart confie ses secrets à son ami, l'avocat Louis Leblois. Il prend la plume et publie un article retentissant, J'accuse… L'affaire Dreyfus commence à l'automne 1894 sur la base d'une lettre appelée « bordereau ». Mais il reste convaincu que la République et la démocratie sont les meilleurs garants des libertés publiques. Dans ces proportions, c'est une première, parfaitement consciente et voulue par Émile Zola, qui parle d'un « moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice ». Puisqu'il est en fuite, donc dans l'impossibilité de payer ses condamnations, la Justice fait saisir ses biens et les vend aux enchères. Ludovic Trarieux, député puis sénateur de la Gironde, est nommé garde des Sceaux peu après la dégradation du capitaine Dreyfus, le 26 janvier 1895[70]. Après avoir créé L'Aurore en 1897, il quittera la presse en 1903[23]. C'est un roman d'aventures décrivant les péripéties … » dans la presse, lire Patrice Boussel. De l'unanimité politique dans la condamnation du « traître Dreyfus » en 1894, le monde politique se divise peu à peu à l'image de la population elle-même, à mesure des révélations. Pour ses contemporains, le grand intérêt de l'article de Zola réside dans le résumé consolidé des différents événements constituant les quatre premières années de l'affaire Dreyfus, auquel le lecteur accède pour la première fois. Lors de ce lancement, Vaughan tient absolument à s'attacher les services de Georges Clemenceau, qui vient de faire cesser la parution de la Justice quelques mois plus tôt, après seize ans de parution et 688 éditoriaux[24]. Mais il ne bouge pas, absorbé par les obligations de son ministère[71]. C'est ce verdict scandaleux qui pousse Émile Zola à intervenir de façon très forte, en s'exposant personnellement à des poursuites en cour d'assises, devant un tribunal civil et non militaire. Les pétitions des quarante écrivains, des artistes, de l'Université, des scientifiques totalisent 1 482 signatures[64]. Zola sait, la connaissant bien, qu'il peut compter sur une presse de contre-pouvoir, pour le jour où il décidera de s'engager pour une cause[4],[5]. La condamnation qui s'ensuit est cassée le 2 avril 1898. C'est la première des nombreuses pétitions qui vont rassembler de plus en plus d'intellectuels. »] est sortie comme un cri. L'écrivain remet donc les « pendules à l'heure » en livrant un récit entier, bâti sur la documentation dont il dispose à ce moment-là[43]. Ils formeront quand même l'ossature dreyfusarde, ceux qui par leur esprit et leur engagement vont parvenir à convaincre une partie des pouvoirs publics de la nécessité de réviser le procès d'Alfred Dreyfus. [7] To avoid jail time, Zola fled to England, and stayed there until the French Government collapsed; he continued to defend Dreyfus. Émile Zola y reste fidèle jusqu'à sa mort, offrant même au quotidien la publication en feuilleton de son roman Fécondité, au retour de son exil londonien, en 1899[27]. In 1998, the Australian satirical television program, On October 7, 2013, the Cartoon Network show, On May 13, 2016, Brazilian columnist and politics professor, On September 1, 2016, Argentinian lawyer and politician, This page was last edited on 3 December 2020, at 19:26. Libéré de ses obligations ministérielles à la fin du mois d'octobre 1895, il est le seul sénateur de l'hémicycle à soutenir Auguste Scheurer-Kestner lors de son interpellation du gouvernement Jules Méline à propos de Dreyfus, à l'automne 1897. Il se consacre régulièrement à la poésie au court de carrière. Des contacts ayant été pris avec Clemenceau dès le début de l'année 1898, Émile Zola rencontre Ernest Vaughan, patron de L'Aurore, le matin du 12 janvier pour parler de son article titré : « Lettre à M. Félix Faure Président de la République ». Écrivain célébré, mais sulfureux, taxé de « pornographie », stigmatisé et mis à l'index, notamment pour Lourdes qui vient de paraître, haï par la gent militaire qui ne lui a pas pardonné son roman La Débâcle, Zola représente l'apatride, le mécréant et l'antimilitariste qu'abhorre cette population choquée par « J’Accuse… ! Zola est condamné au maximum de la peine et s’exile à Londres. Gagnant en puissance depuis une vingtaine d'années, la presse populaire et d'opinion franchit un nouveau cap avec « J’accuse… ! J'accuse la vraie beauté Qui se colle à son image Et je me défends par pitié Des feux de son langage. L'homme de lettres apparaît bien comme celui qui en est à l'origine pour la postérité. ». Dans sa première partie, il use du procédé de l'analepse, transportant le lecteur trois ans auparavant, à l'automne 1894. » à Eugène Fasquelle, son éditeur. Bien qu'il n'ait jamais pu se faire élire à l'Académie française, il est décoré de la Légion d'honneur et préside la Société des gens de lettres. L'article est très long, avec environ 4 570 mots[36]. C'est une forme de marque de fabrique, par opposition à la grande presse d'opinion qui titre à la colonne. 11/03/2011, 22h43. C'est donc à l'issue du procès d'Émile Zola qu'a lieu la première réunion jetant les bases de la future Ligue des droits de l'Homme le 25 février 1898[73]. », jugée injurieuse, l'emportant sur le fond[58]. Le double crime est consommé : « Condamnation d'un innocent, acquittement d'un coupable ». Bien que le président de la Cour interdise de parler de l'affaire Dreyfus, plus de cent témoins parviennent à s'exprimer. C'est … [5], Émile Zola was born on 2 April 1840 in Paris. Date de naissance : Le 26 Février 1802 à Besancon, France Date de décès : 22 Mai 1885 à l'âge de 83 ans Tweeter; Soumettre une texte. J'accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d'avoir fait une enquête scélérate, j'entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace. Si bien que Jules Méline, le président du Conseil, affirme « qu'il n'y avait plus d'affaire Dreyfus »[48]. "J'Accuse...!" : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article. En 1894, Alfred Dreyfus, officier français d’état-major d’origine alsacienne, et d'obédience judaïque, accusé à tort d’avoir livré des documents à l'Allemagne, est condamné à l'emprisonnement à perpétuité et expédié sur l’île du Diable, en Guyane française. Mais d'une manière générale, le camp dreyfusard, très atteint par l'acquittement du commandant Esterhazy, et passé le moment de surprise, sort encouragé par l'intervention puissante de l'écrivain. Par ailleurs, cet engagement coûte très cher au romancier. Victor Hugo, implaccable critic of Napoleon III after his exile to Guernesey; Victor Hugo, the monumental poet and selfless patriot, was also accused of treason by Napoleon the Small and his … La source du combat d'Émile Zola est à rechercher dans la tradition d'engagement politique de l'intellectuel, illustrée avant lui, et notamment, par Voltaire et l'affaire Calas au XVIII siècle ou encore, plus récemment, par Victor Hugo, dont l'affrontement avec Louis-Napoléon Bonaparte reste vivant dans tous les esprits . Les anti-dreyfusards trouvent immédiatement leur cible, car selon eux, Zola incarne l'image rêvée de l'adversaire. » change complètement la situation dans le cadre de l'affaire Dreyfus. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis. ». Il court sur pas moins de huit colonnes, dont l'intégralité de la première page de L'Aurore. Il est désormais conservé dans un coffre-fort au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France[90]. [4], The bordereau had been torn into six pieces, and had been found by Madame Bastian in the wastepaper basket of Maximilian von Schwartzkoppen, the German military attaché. Le fait en est acquis dès la fin de la journée[59]. L'équipe rédactionnelle comprend aussi un collaborateur de poids en la personne de Bernard Lazare, auteur des premières brochures éditées pour défendre Alfred Dreyfus. Cette manière de répétition obtuse est déjà présente sous une forme embryonnaire chez B. Lazare, dans la brochure qu'a utilisée Zola pour se documenter. Guy Canivet (premier président de la Cour de cassation). Devant les défaillances successives des pouvoirs judiciaire, exécutif et législatif, incapables de la moindre remise en cause[67], c'est donc un article violent, imprimé sur un petit journal d'opinion, qui relance définitivement l'affaire Dreyfus et fait aboutir à la révision du procès de 1894. J'accuse la censure. Ils ont mis leur célébrité au service de la cause défendue, sans souci des conséquences. Il ne dispose, en effet, d'aucune preuve en appui de ses accusations. De nombreux intellectuels signent alors, à sa suite, une « protestation »[N 13] en faveur de la révision du procès, publiée elle aussi par L'Aurore dès le lendemain de « J’accuse… ! Sur la manipulation du Conseil de guerre, lire M. Thomas. Lui-même, et ceux qui l'ont alimenté en informations, ont commis d'importantes erreurs, simplement par le fait qu'ils ignoraient à cette époque une partie des circonstances et des faits. En cette fin d'année 1897, Zola, révolté par l'injustice et les réactions insultantes de la presse nationaliste, décide d'écrire plusieurs articles dans Le Figaro en faveur du mouvement dreyfusard naissant. Toutefois, Zola affirme qu'il n'a jamais regretté son engagement, quel qu'en ait été le prix. On 4 June 1908, Zola's remains were laid to rest in the Panthéon in Paris. ... Das sagen andere Hörer zu J'accuse ! L'équipe de rédaction est réduite à une demi-douzaine de collaborateurs, provenant principalement des quotidiens la Justice, comme Gustave Geffroy, ou l'Intransigeant. Et, notamment, Gabriel Hanotaux, ministre des Affaires étrangères, le met au courant de l'existence d'une pièce secrète (Ce canaille de D…, nommée ainsi car elle contient cette expression) transmise aux juges en dehors de l'accusé et de ses défenseurs. C'est donc un « intellectuel » qui devient, du jour au lendemain, la cible privilégiée des anti-dreyfusards. contained a humorous story from the UK radio panel game 'My Word' by Frank Muir which featured Zola calling for an imaginary English painter named Jack Hughes to assist Manet in painting 'Dejeuner sur l'herbe'. Il justifie aussi la forme de son message, en une lettre ouverte au président de la République. [7] Zola was among the strongest proponents of the Third Republic and was elected to the Légion d'honneur. Ayant déjà achevé son cycle romanesque des Rougon-Macquart en vingt volumes, il termine à ce moment-là un triptyque, Les Trois Villes, et s'apprête à en commencer un autre, Les Quatre Évangiles. J'accuse : organe de liaison des forces françaises contre la barbarie raciste -- 1942-10-20 -- periodiques Zola was prosecuted for libel and found guilty on 23 February 1898. Exemple : Les Misérables de Victor Hugo met en scène Cosette, une fillette orpheline et maltraitée. Bewertung. Auguste Scheurer-Kestner intervient alors officiellement, et devient la cible des nationalistes et des antisémites. Aux termes de la loi, ce délit est passible des assises, ce qui occasionne une délibération par un jury populaire. La première attitude, chez les politiques et les militaires, est de laisser dire. Il fait bien acte d'écrivain, en ordonnant clairement son récit[34]. Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Rapidement, il acquiert la conviction que les formes légales n'ont pas été respectées lors des différentes étapes judiciaires qui ont mené à la condamnation de Dreyfus au bagne.